Publié le 21 avril 2026
Trente-cinq ans après la première du film de Ridley Scott à Cannes le 20 mai 1991, Thelma et Louise font leur retour en tant qu’héroïnes sur l’affiche officielle.
Ces deux combattantes inoubliables ont bouleversé les codes et brisé quelques stéréotypes de genre, tant sociétaux que cinématographiques ; elles ont incarné la liberté absolue et une amitié indéfectible ; elles ont montré la voie de l’émancipation lorsque celle-ci devient essentielle. Se souvenir d’elles aujourd’hui, c’est célébrer le chemin parcouru, sans oublier celui qui reste à parcourir.
Vêtue d’un débardeur blanc et adoptant une pose nonchalante, Louise nous fixe droit dans les yeux, nous défiant du regard. Un revolver dans la poche arrière de son jean, Thelma scrute l’horizon derrière ses lunettes de soleil. Toutes deux sont fièrement installées dans une Ford Thunderbird décapotable de 1966. Sous le soleil de l’Arkansas, dans une Amérique désertée, elles prennent la route, elles s’évadent, elles fuient – la vie, la société, les hommes qui les maltraitent – pour tracer leur propre chemin.
Les thèmes révolutionnaires de 1991 qui imprègnent Thelma et Louise résonnent encore fortement aujourd’hui. Pour les incarner, le Festival de Cannes a choisi cette image en noir et blanc extraite du tournage de ce film haut en couleurs qui célèbre la vie et la lutte intemporelle pour la liberté d’être soi-même.
En 1977, en compétition à Cannes avec son tout premier film, Les Duellistes , Ridley Scott remporta le Prix du Jury du Meilleur Premier Film. En 1991, pour son septième long métrage – écrit par la jeune scénariste Callie Khouri (Oscar et Golden Globe en 1992) et produit par Mimi Polk Gitlin –, le cinéaste britannique, devenu l’un des plus grands réalisateurs contemporains ( Alien , Blade Runner , Gladiator et bien d’autres films à venir), choisit de bouleverser les conventions du road movie, un genre cinématographique traditionnellement masculin, pour en réaliser une version féminine. Ce récit épique et haletant se mue en une fuite sans retour : la reconquête de leurs corps et de leurs désirs a un prix terrible pour les deux héroïnes.
À sa sortie aux États-Unis, ce « Easy Rider » au féminin a suscité débats et controverses. Mais son succès fut indéniable. Tel un catalyseur libérateur, le film transgressif de Ridley Scott a marqué un tournant dans l’histoire de la représentation des femmes au cinéma. Il est rapidement devenu un classique intergénérationnel et est aujourd’hui un film culte. Grâce à un duo d’actrices exceptionnelles, rappelant le duo Redford-Newman dans « Butch Cassidy et le Kid », le film est une ode à l’amitié féminine, sur fond de paysages sauvages et majestueux du Midwest, filmés dans le style western, avec une bande originale signée Hans Zimmer. Deux actrices phénoménales, Geena Davis et Susan Sarandon, s’investissent corps et âme dans leurs personnages, devenus iconiques grâce à l’intensité de leurs interprétations.
Il y a trente-cinq ans, les deux protagonistes du premier road movie féministe et féminin du cinéma se lançaient dans l’aventure, portées par un vent de libération. Elles sont devenues des icônes immortelles. Aujourd’hui, elles nous font face et contemplent leur propre héritage.