Les affiches du Festival de Cannes 2026

Les affiches ont un sens car elles annoncent une intention, elles deviennent symbole et suggèrent en laissant une part de mystère.

Pour celles et ceux qui ont arpenté les salles de cinéma et rues du Festival de Cannes 2026,

• Il y eut, bien sur, la magnifique affiche Thelma et Louise, héroïnes de l’affiche officielle ainsi commentée par les organisateurs : « Il y a 35 ans, les deux protagonistes du premier road-movie féminin et féministe du cinéma ont choisi le grand saut, portées par un vent de liberté qui a soufflé dans leur dos. Elles sont devenues des emblèmes immortels. Aujourd’hui, elles nous font face. Et observent leur héritage. » (sur l’interpréatation de l’affiche voir mon papier « Impressions de cannes).

• Une autre affiche à Cannes m’a particulièrement intriguée, celle de la Quinzaine des Cinéastes
J’aimerais que vous la regardiez.

Découvrons ensuite ce qu’en disent les organisateurs de la Quinzaine : » Au cœur d’une forêt bucolique, un homme marche nu entre les arbres. Son corps est massif, terrestre, charnel. Vient-il de faire bombance ? Cherche-t-il un refuge pour une rêverie prochaine ? Égaré dans un univers merveilleux, il pourrait être un personnage de conte. Un barde, peut-être, cheminant en chantant, après avoir cueilli de la dourougne — cette plante sauvage dont on tire ici un breuvage nommé brigoule.
L’image tremble d’un léger flou ; les feuillages dissimulent ce qu’ils révèlent à demi. Entre visible et caché, le désir circule dans cette photographie d’Alain Guiraudie, issue de sa dernière série exposée à la galerie Crèvecœur à Paris. Comme dans son cinéma, la nature y devient un espace de désir, de récit et de dérive imaginaire : lieu des balades sensuelles et des métamorphoses, territoire où le réel se teinte de mythologie……
L’affiche de la 58ᵉ édition de la Quinzaine des Cinéastes est une invitation à s’égarer dans des bois mystérieux et antiques, là où un rayon de soleil perce le feuillage et semble tracer un chemin, tout droit jusqu’au matin. »

Et bien, j’ai beau la re-regarder, je n’arrive pas à voir cce personnage de conte égaré dans un univers merveilleux. J’y vois un homme, gros, ventripotent, barbu marchant dans une forêt , comme à la recherche d’une proie. J’y vois comme quelque chose de primaire, sans réve. Voyage dans l’inconnu, peut-être mais pas un inconnu merveilleux..alors que cette photographie est censée refléter l’ADN de la sélection de la Quinzaine cad un cinéma audacieux, défricheur et hors des sentiers battus !

• Sur l’affiche de la Semaine de la Critique qui fait référence au film KIKA (que j’ai beaucoup aimé) , « Manon Clavel, l’héroïne de Kika d’Alexe Poukine, s’abandonne. Sa main apaisante sur le dos de son compagnon, joué par Makita Samba, témoigne de leur complicité dans un élan commun. Cette confiance est celle qui anime la Semaine de la Critique quand elle parie sur le talent encore tout neuf d’un·e cinéaste. Celle aussi des autrices et auteurs qui nous confient leurs premières œuvres. » nous disent les organisateurs ( NB la Semaine de la Critique= Section parallèle cannoise dédiée aux premiers et seconds films). Oui, oui, ici, j’adhère totalement au symbole.

France Soubeyran