Alain Chabat, Jonathan Cohen, Anaïs Demoustier pixélisés
Lors de la clôture de la Quinzaine des Cinéastes du Festival de Cannes 2026, je ne savais pas du tout que j’allais découvrir un ovni d’un auteur que j’aime particulièrement, Quentin Dupieux, c’est-à-dire « Le Vertige ».
Agréablement surprise, tout d’abord, en découvrant un film d’animation qui met en scène des personnages dérivés d’acteurs réels, Jonathan Cohen, Alain Chabat et Anaïs Demoustier. Comme je ne connais pas du tout les techniques d’animation, je vous livre les dessous de la méthode utilisée par le réalisateur : « les acteurs ont enregistré d’abord tout le texte en lisant le script à la main en studio, avant que leur physique soit capté avec la technique de la « motion capture » et animées sous le logiciel Blender, afin de rendre les personnages à peu près reconnaissables malgré la mauvaise qualité volontaire de l’animation ».
Effectivement, j’ai beaucoup apprécié pour les acteurs ce décalage voulu entre réalité et rendu qui les rendait plus en phase avec le propos du film : Jacky (Alain Chabat) débarque à l’aube chez son meilleur ami Bruno (Jonathan Cohen) et sa femme Fabienne (Anaïs Demoustier), "trés" enceinte. Il veut lui annoncer une nouvelle bouleversante : toute l’humanité vit dans une simulation numérique, autrement dit, l’humanité entière est prisonnière de cette simulation. D’abord sceptique, Bruno finit par se laisser convaincre et… à vous de découvrir la suite de l’intrigue qui va vous réserver quelques surprises et quelques réflexions sur l’absurde.
Le Vertige est le premier film d’animation de Quentin Dupieux. Certains ont critiqué l’approximation des personnages, le caractère très sommaire des mouvements. J’y ai vu, au contraire, audace, humour, absurde qui servent la portée satirique du film, dans la lignée des autres films du réalisateur.
France Soubeyran