Communiqué de presse, 2 avril 2026
BOLEX !
Du 10 avril au 31 mai, le Cinéma Nova à Bruxelles propose une programmation inédite autour de la Bolex, caméra fabuleusement ingénieuse inventée il y a presque un siècle. Une occasion d’explorer diverses pistes tracées par cet outil convivial, qui aujourd’hui encore fait beaucoup d’adeptes.
Au cœur de la bête
La conférence "Anatomie d’une caméra", menée à deux voix et quatre mains par Boris Belay et Vincent Sorrel, proposera une exploration des spécificités techniques de la Bolex à partir d’un document filmé, de caméras issues de la collection de Boris et d’archives de la société Paillard apportées par Vincent.
Boris Belay, l’un des derniers réparateurs de cet outil légendaire en Belgique et cofondateur de la Maison de l’argentique, animera également un atelier pratique de démontage. L’occasion, pour les passionnés, de faire examiner leur propre caméra, et pour les curieux, de découvrir concrètement son fonctionnement.
Avec la conférence "Des films, une caméra", Vincent Sorrel, chercheur à l’université de Grenoble, présentera deux films, dont un de Jonas Mekas, afin d’éclairer les liens entre les qualités expressives de l’outil Bolex et celles des œuvres.
Enfin, dans le foyer/bar, une brève histoire de la Bolex avec différents modèles exposés, accompagnée de documents de travail inédits de Rose Lowder et de deux films d’Anita Conti, en écho à la programmation "Histoires de pêches".
Rose Lowder + René Vautier / Boris Lehman
Certain.es cinéastes majeur.es l’ont parfois utilisé de manière épisodique, d’autres en ont fait leur outil d’expression privilégié. Dans le premier cas, nous reviendrons sur des films rares de René Vautier, l’un des pionniers du cinéma anti-colonialiste, et les premiers films de Boris Lehman. Rose Lowder, quant à elle, a forgé au fil des années son propre style. Une forme de poésie-cinéma qu’elle exerce depuis 50 ans en utilisant la caméra Bolex comme un outil impressionniste.
La Bolex, un outil d’expérimentation : London Filmmakers’s coop & Yougoslavia XP
Créée en 1966, la coopérative londonienne est un espace collectif dédié à la création et à la diffusion du cinéma expérimental. Les cinéastes qui la fréquentent envisagent le film avant tout comme un médium artistique. Nous inviterons Guy Sherwin, figure emblématique de la LFMC dans les années 70, pour qui la Bolex est devenue une caméra de prédilection. La LFMC a aussi ouvert la voie à une appropriation de la caméra par les femmes. Le Nova mettra ainsi la création féminine à l’honneur avec "Women got the Bolex", réunissant des films issus de la LFMC des années 70 aux années 2010.
Le Nova bifurquera également vers l’ex-Yougolsavie. Fondé en 1958 à Belgrade, l’Academic Film Center (AFC) s’impose comme l’un des ciné-clubs les plus influents de la région et une institution majeure du cinéma expérimental. Dès 1982, il constitue sa propre archive. Nous proposerons une immersion dans ces collections en compagnie de Milan Milosavljević, producteur et chargé de projets à l’AFC, qui présentera un programme de films tournés avec la Bolex et la Krasnogorsk, sa voisine soviétique. Enfin, le film "Home Movies" permettra de revenir sur le parcours et l’évolution stylistique de Vukica Đilas, journaliste, critique de cinéma, artiste et activiste serbe.
La caméra Bolex aujourd’hui : tout sauf "has been"
Loin d’appartenir au passé, la Bolex fait toujours autant d’émules parmi les nouvelles générations. La preuve avec "Bolex Voto", compilation de courts métrages contemporains pour voir ce que cette fabuleuse caméra produit comme forme de cinéma aujourd’hui. La Bolex accompagne également la documentariste Marie Losier dans son processus créatif où elle filme musiciens et artistes dans une relation intime et ludique : elle viendra nous présenter deux de ses derniers films, l’un consacré aux Residents et l’autre à Felix Kubin.
Le programme complet est disponible sur www.nova-cinema.org
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