Déception
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PROMISE ME THIS

Emir Kusturica (Serbie/France 2008 - distributeur : Cinéart)

Uros Milovanovic, Marija Petronijevic, Aleksander Bercek

126 min.
13 février 2008
PROMISE ME THIS

Personne ne peut contester à Kusturica d’avoir un sacré tempérament. 

Tempérament de feu dont il ne peut se départir puisqu’il lui est chevillé au corps et à l’âme. Puisqu’il est la manifestation, tangiblement sonore, de l’inconscient collectif balkanique auquel il appartient et dont il est un des rejetons les moins inhibés.

Tempérament qui est à la fois la raison de son succès et celle aussi pour laquelle il peut agacer. Après avoir séduit par son excentricité, il finit par lasser lorsqu’on prend conscience que toute cette agitation recouvre un délire avant tout foutraque et lourdement loufoque.

Son sens belliqueux (souvent politiquement orienté) du rythme et de l’improvisation donnent le tournis et l’empêchent d’apporter au cinéma, ce que Jarry a donné à la littérature : la dimension illogique et désintéressée de l’absurde.

Grand-père Zigovic envoie son petit-fils à la ville pour qu’il y trouve une jolie fille à marier. Et le jeune niais de quitter le village accompagné d’une vache - rien à voir avec la tendre et savoureuse sur-réalité du voyage de Fernandel et de Marguerite dans « La vache et le prisonnier » - en espérant l’échanger contre une icône de Saint-Nicolas.

Qui comme chacun sait est le saint des enfants, grands et petits. Ce que semble être resté Kusturica dans cette farce menée musique battante et grivoiserie en bandoulière dans laquelle se baladent un homme-canon, des proxénètes, des faiseurs de bottes, un pope, des fripouilles, des paysans, des promoteurs immobiliers mafieux et des amoureuses transies.

Paroxystique, exubérant, tapageur « Promise… » fait sauter le bouchon de la cohérence et de la logique.

Que reste-t-il de cet enchaînement de séquences sans queue ni tête lorsque les bulles se sont dissipées ?

Pas grand-chose. Un vague souvenir d’avoir un peu souri, baillé souvent et patiemment attendu (126 minutes c’est long) que la fête commence. (m.c.a)