Coup de coeur mensuel
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Coup de coeur2 DAYS IN PARIS

Julie Delpy (France-Allemagne 2006 - distributeur : Imagine Film Distribution)

Julie Delpy, Adam Goldberg, Daniel Brühl

96 min.
8 août 2007
2 DAYS IN PARIS

Elle boit peu, elle fume rarement mais qu’est-ce qu’elle cause !
Julie Delpy est une bien intéressante jeune femme (*) Caustique, intelligente, charmeuse et charmante, elle a le mordant d’un citron qu’un philtre ensorcelant transforme en rafraîchissante orange.

Marion et Jack vivent ensemble depuis deux ans. Elle est française, il est new-yorkais. En transit à Paris, elle va lui présenter ses parents, ses amis et ses ex-fiancés.

Occasion pour les tourtereaux de mettre à plat (au sens propre et figuré d’une crudité verbale qui frôle, sans miraculeusement y tomber, le vulgaire) une vie de couple somme toute banale, faite de jalousies, d’aléas sexuels et d’incommunicabilités.

Occasion surtout d’épingler un monceau de clichés franco-américains avec allégresse, férocité et un sens de la vie comica hystérico-survoltée, visiblement inspirée de celui que la réalisatrice reconnaît comme son maître à penser - Woody Allen.

Film qui a la légèreté éthérée des bulles de savon, il sait aussi, quand il le faut, laisser poindre cette ombre de mélancolie propre à ceux qui, ayant connu les hauts et les bas de l’amour, ont appris à se contenter de leurs entre-deux.

Ce qui donne du pétillant à ces « 2 days… » c’est qu’en ayant l’air de partir dans pas mal de directions caricaturales (un père anarchiste, un Jack hypocondriaque, un chauffeur de taxi fasciste, une Marion libertine …) il ne donne pas l’impression d’être décousu ou composé de scènes-sketches en défaut de liant.

En raison d’un ton, tonique et tendu, que Julie Delpy, scénariste et cinéaste, insuffle aux situations les plus transgressives et aux dialogues les plus grivois - dont certaines répliques séduisent et font rire par leur naturel aussi déconcertant que provoquant. A mille lieues des circonvolutions d’une langue de bois qui plombent si souvent de niaiserie réconfortante le cinéma contemporain.

N’étant pas scotché au must des bons sentiments, « 2 days » ne ressortit pas à la comédie sentimentale mais plutôt à la comédie de mœurs kérosènée par une once de lucidité, un chouia de désordre et un incroyable appétit de vivre. Qui entraîne le spectateur et le met, par un effet de capillarité contagieuse, mieux que de bonne humeur. D’humeur roborative qui donne envie de secouer le cocotier du politically correct.

(m.c.a)

(*) à la fois scénariste (« Before Sunset » de Richard Linklater a été nommé aux Oscars 2005), musicienne, peintre et comédienne (sa carrière a commencé, en 1985, avec le " Détective" de Godard auquel elle rend un malicieux hommage en donnant au chat de « 2 days » le prénom de Jean-Luc).