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Omaha

Cole Webley

John Magaro, Molly Belle Wright Talia Balsam

83 min.
17 juin 2026
Omaha

Il y a certains films qu’on va voir au cinéma par pur hasard. On regarde la programmation de notre cinéma préféré et malheureusement, les films dont on avait déjà entendus parler ne sont pas à l’affiche à l’heure voulue. Alors notre choix se rabat sur un film inconnu. La lecture du résumé du film nous suffit à lui laisser une chance. Et parfois, quel bonheur ! ce second choix nous révèle une pépite absolument merveilleuse.
C’est exactement le ressenti que j’ai eu au visionnage de Omaha, petit film américain indépendant, diffusé au Sundance Festival et primé à Deauville. Un premier film d’un cinéaste encore méconnu, avec en tête d’affiche John Magaro, un acteur connu surtout pour des seconds rôles. Au premier coup d’oeil, on n’attend pas grand chose de ce long-métrage méconnu. Quel plaisir de voir nos préjugés bousculés par de petites merveilles pareilles. Omaha, si on s’y laisse prendre, touche notre coeur avec douceur.
Omaha est un récit sur la parentalité, celle, difficile, d’un père qui, suite au décès de la mère de ses enfants, embarque sa petite famille (son fils et sa fille, ainsi que le chien) pour un voyage vers un renouveau. Un road-trip sans grande ambition, autre que l’envie de nous raconter l’histoire presque banale d’une famille. On comprend vite les soucis financiers de celle-ci. Mais c’est au fil du film que l’on saisit les tracas plus profonds du père. Et aussi, par ricochet, ceux de sa fille, l’ainée, qui, malgré elle, est poussée à avoir elle-même conscience de leur situation difficile.
La beauté d’Omaha se trouve sans doute dans l’humanité que dégage le film, et ce sentiment d’empathie profonde envers son personnage principal. Un père désespéré, qui ne sait pas comment agir, et qui essaie tant bien que mal de prendre des décisions, qu’il estime bonnes pour ses enfants. Le film ne juge jamais ses actions, ne les excuse pas non plus mais préfère montrer la complexité de l’âme humaine et la possibilité de faire des erreurs.
Omaha touche en plein coeur car il nous délivre un récit bouleversant, qu’on reçoit comme si on était, nous aussi, passager de la voiture familiale. On assiste aussi bien aux instants de joie, de bonheur qu’aux moments d’introspection, de doutes. Et on saisit chaque émotion, certaines plus difficiles qu’on reçoit le souffle coupé.
Au-delà d’un film juste, Omaha est aussi un beau premier film qui nous embarque aussi visuellement, musicalement. Avec un casting impeccable et sincère, à noter particulièrement John Magaro, ce second couteau qui mériterait d’autres premiers rôles. La performance de la petite Molly Belle Wright hante notre esprit.
Un premier film brillant et profondément humain.

Flore Mouchet