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Little trouble girls

Urška Djukić

Jara Sofija Ostan, Mina Svajger, Sasa Tabakovic

90 min.
2 septembre 2026
Little trouble girls

Lucia, jeune fille introvertie et plutôt effacée, rejoint la chorale de son école. Elle y fait la connaissance d’Ana-Maria, populaire, solaire et séduisante, dont elle se rapproche peu à peu. Dans ce nouvel univers, Lucia découvre autant les autres qu’elle-même. Les regards, les attirances, les premiers désirs viennent bousculer les certitudes d’une adolescente encore très attachée à ses croyances.
Ce qui séduit d’emblée dans ce film, c’est la beauté de la mise en scène. Les décors, les lumières, les cadrages : le tout crée une atmosphère délicate, presque cotonneuse. La caméra se glisse au plus près de Lucia, observe ses gestes, s’attarde sur ses silences et ses regards. Elle ne cherche jamais à forcer l’émotion, préférant la laisser affleurer. Une caméra intime et caressante qui épouse parfaitement cette période trouble où l’on ressent beaucoup sans encore savoir comment mettre des mots dessus.
Jara Sofija Ostan, qui interprète la timide Lucie, est absolument parfaite dans ce rôle. Son personnage parle peu, mais son visage dit énormément. Un regard qui s’attarde, une gêne, un sourire à peine esquissé : l’actrice donne corps à toutes ces émotions qui traversent Lucia sans jamais les surjouer. C’est sans doute l’une des grandes réussites du film : réussir à nous faire entrer dans la tête d’un personnage qui reste pourtant très silencieux.
Sur le papier, l’histoire n’a pourtant rien de particulièrement neuf. L’éveil amoureux et sexuel d’une adolescente, le poids des convictions, la découverte du désir : un terrain déjà largement exploré au cinéma. Mais le film trouve son intérêt dans la manière dont il filme cette éclosion. Il capte les petits bouleversements, les sensations fugitives, cette confusion propre aux premiers émois. On se laisse ainsi porter davantage par les émotions que par le récit lui-même.
C’est justement sur ce dernier point qu’on reste un peu sur sa faim. Le scénario donne un peu le sentiment de s’interrompre alors que quelque chose était encore à raconter. Un léger goût d’inachevé, donc, qui empêche le film de totalement convaincre sur le plan narratif. Mais une belle réussite sensorielle.

Flore Mouchet