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Coward

Lukas Dhont

Emmanuel Macchia ; Valentin Campagne ; Jonas Wertz

120 min.
21 octobre 2026
Coward

Coward est un film ambitieux qui tente de mêler l’horreur de la Première Guerre mondiale et une relation amoureuse entre deux soldats. Si la première partie du film est prometteuse, le reste peine à convaincre, laissant un goût d’inachevé et de déséquilibre.
La première partie du film, jusqu’à la scène où le personnage principal se mutile, est vraiment réussie. On comprend rapidement de quoi il retourne, et c’est mignon, presque poétique, de voir une relation amoureuse se développer dans un contexte aussi brutal que la guerre. Le film a le mérite de traiter un sujet rare : l’intimité et l’amour entre soldats dans les tranchées. Les plans sont esthétiquement magnifiques : chaque image semble pensée comme une œuvre d’art. Cependant, le montage, bien que soigné, est trop lent. À force, le film s’étire, devient répétitif, et on finit par s’ennuyer. Le jeu des acteurs et la musique sont excellents, tout comme les décors, qui plongent le spectateur dans l’atmosphère oppressante et chaotique de la guerre. Dommage que ces qualités ne suffisent pas à sauver un scénario en perte de vitesse.
Coward soulève des questions intrigantes : Pourquoi si peu de prénoms sont donnés ? Est-ce pour souligner l’anonymat des soldats dans la guerre ? Si c’est le cas, le message est perdu en route, car le film ne parvient pas à clarifier son propos. L’idée de représenter la "bande des rejetés" est intéressante, mais elle est mal exploitée. Le protagoniste découvre son homosexualité sans conflit intérieur ni pression sociale, ce qui semble peu crédible pour l’époque. Quant à l’autre soldat, qui décide de ne pas s’échapper avec lui, ses motivations restent totalement obscures. On a l’impression que le réalisateur ne sait pas où il va, et ça se sent.
Le film aborde l’atrocité de la guerre, un thème classique mais toujours poignant. Pourtant, ici, il est traité de manière trop longue et peu originale. On se retrouve face à de beaux plans, des regards profonds, mais qui ne racontent rien. Pas de larmes, pas de sourires, juste une attente vaine et une déception à l’arrivée : « Tout ça pour ça ? ». Coward est un film visuellement sublime, porté par une ambition louable, mais qui perd son chemin en cours de route. Entre l’esthétique soignée et un scénario flou, on ressort avec l’impression d’avoir assisté à une œuvre inaboutie, trop longue et manquant de cohérence.

Mélisande Variot