Réflexion citoyenne
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LA NOSTRA VITA

Daniele Luchetti (Italie/France, 2010)

Elio Germano, Isabella Ragonese, Raoul Bova, Luca Zingaretti, Giorgio Colangeli

98 min.
6 avril 2011
LA NOSTRA VITA

Claudio, Elio Germano, la trentaine (prix de l’interprétation masculine à Cannes en 2010) est chef de chantier dans la construction, mais il est aussi un jeune père, un mari et un frère.

Il mène une vie hereuse avec sa belle et jeune épouse enceinte et leurs deux enfants

En arrière plan, l’Italie de « l’illégalité répandue », de la fraude fiscale, de l’exploitation des immigrés mais aussi des repas en famille, de l’apparence et de l’argent.

Quand Elena meurt subitement pendant son accouchement, Claudio tente de combler maladivement le vide qu’elle a laissé dans leur vie.

Son indicible douleur laisse place à la rage et à l’envie de tout offrir à ses trois enfants auxquels il accorde beaucoup, même trop de choses. Il essaye tant bien que mal d’indemniser ses enfants pour la perte de leur mère et d’être le meilleur des pères.

Il entreprend alors un chemin périlleux pavé de mensonges et de chantage.

Daniele Luchetti (Il portaborse, Mio fratello e figlio unico) revient à la réalisation avec le seul film italien en concours à Cannes en 2010.

Durant la première partie du film, il décrit sincèrement et sans aucun jugement moral cette nouvelle classe prolétaire-ouvrière italienne dans un style proche du réalisme de Ken Loach.

Il peint la réalité du microcosme de ces familles qui vivent dans les nouvelles périphéries urbaines en rapide évolution avec leurs chantiers, leurs centres commerciaux et leurs grands immeubles.

L’interprétation du jeune Elio Germano est époustouflante dans son interprétation d’un deuil suffoquant que traverse comme lui, toute l’Italie

Malheureusement cette objectivité et ce regard détaché perdent toute leur force à la fin du film.
La famille italienne, dans un monde ou les repères stables sont brouillés, représente la seule bouée de sauvetage.

« Les talons aiguilles, » dit Loredana, la sœur de Claudio, « c’est comme la famille. C’est chiant, mais parfois c’est utile... ».

C’est pourtant là où le bât blesse, le film propose une fin trop édulcorée, digne d’un happy end, où l’on pardonne tout à tout le monde et l’éclairage que le film aurait pu apporter s’éteint en bout de course. ( Lucia )