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En 1995, lors du festival de Cannes, Marion Hansel déclarait "Les réalisateurs, les acteurs et les idées ne manquent pas en Belgique. mais où est l'argent ?" En 2006 la créativité du cinéma belge s'est encore accrue mais ce qui continue de manquer ce sont les spectateurs. Dans le but d'attirer l'attention de ceux-ci sur les films belges qui sortent, CinéFemme souhaite scander ses sorties soit d'une chronique, d'un entretien ou d'un point de vue.
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Les films qui sortent LETTRE A LOU de LUC BOLAND disponible en DVD dès le 14 novembre Luc Boland, cinéaste, filme son fils Lou depuis sa naissance en 1998. Il apprend très vite que son fils est aveugle de naissance et atteint d'une maladie orpheline. Au-delà de la douleur et de la colère, Lub Boland décide de réagir et crée, dès 2003, un blog internet qui relate la vie quotidienne de Lou. En 2005, Luc Boland réalise un film de 52 minutes diffusé plusieurs fois sur les chaînes de RTL-TVI et sur France 5.Luc Boland envisage la création d'une fondation dont une des vocations sera de soutenir psychologiquement les parents d'enfants handicapés dès l'annonce du diagnostic. Le produit des ventes de ce DVD servira à lancer les bases de cette fondation. La vente de ce DVD sera disponible sur le site www.fondationlou.com HISTOIRE(S) D'UNE UTOPIE A VENDRE de YVES CANTRAINE avec une trentaine de témoins et un bâtiment à l'abandon Ce documentaire empreint de nostalgie pour un temps qui n'est plus sera projeté à l'Arenberg du 4 au 17 octobre. La Cité Administrative de l'Etat a été érigée en 1958 dans le sillage de l'Expo du même millésime. Mais alors que le fleuron de cette exposition, l'Atomium, a bénéficié d'une restauration de grande qualité, la Cité Administrative connaît un sort moins enviable. Elle a été vendue à un investisseur privé. Ses derniers occupants en ont déserté les bâtiments dont la topographie géométrique renvoyait à une certaine unité, celle d'un Etat qui est maintenant en train de se fissurer. Le réalisateur, à travers les témoignages de celles et ceux qui ont travaillé en ces lieux, tente de reconstituer le tissu symbiotique qui a uni pendant près de 50 ans un espace et des êtres. Un travail de mémoire axé sur la solidarité, la collectivité - deux notions qui semblent aujoud'hui bien obsolètes dans une Belgique en mutation. Pour la petite anecdote, c'est dans cette Cité que fut tournée en 1990 la scène de réfectoire du premier film de Jean-Philippe Toussaint "Monsieur" dans lequel jouait la belle Alexandra Stewart. (m.c.a) PRESIDENT de LIONEL DELPLANQUE avec Jérémie Rénier, Albert Dupontel, Claude Rich, Mélanie Doutey Un film français sur la tragi-comédie du pouvoir dans lequel joue notre compatriote Jérémie Renier, qui une fois de plus démontre à quel point sa palette de jeu est en train de s'élargir. Il est un jeune d'homme issu d'un milieu modeste qu'un improbable hasard amoureux transforme en conseiller privé de l'homme le plus puissant de France, incarné par un Albert Dupontel, dont la composition guindée et grandiloquente (*) emprunte à la mythologie de quelques uns des récents présidents de la République Française et donne à ce film souvent pesant et froid un petit côté "quiz" qui soutient l'intérêt du spectateur. Même si ce film sonne faux, surtout dans son approche des relations privées entre les personnages, et hasardeux dans son exploration des coulisses du pouvoir qui ne recule devant aucun poncif (magouilles politiques, éminence grise, trafic d'influences) il reste une louable tentative, même dans son ratage, de cerner une fonction, celle de Chef d'Etat, représentation dans laquelle les Etats-Unis sont nettement plus à l'aise (« Nixon » d'Oliver Stone, "Air Force one" de Wolfgang Petresen, "American Dreamz" de Paul Weitz) quoique la prouesse de Michel Bouquet dans le film de Robert Guediguian "Le promeneur du champ de Mars" reste un exemple du genre. Epinglons Jackie Berroyer trop rare à l'écran et Claude Rich dans un (trop) petit rôle de Père Joseph. Comme la valeur ne dépend ni du nombre des années ni de la longueur d'une prestation, plaisons nous à imaginer que l'élégance machiavélique de ce grand acteur sera retenue, par le jeune Rénier, comme une magistrale leçon de cinéma. (m.c.a) (*) le réalisateur a-t-il voulu soutenir la thèse que l'on devient Président parce que l'on est psychotique ou devient-on psychotique parce que l'on est investi du pouvoir suprême ? site officiel du film LA RAISON DU PLUS FAIBLE de Lucas Belvaux voir la chronique en onglet "choix du mois Site officiel du film FAIR PLAY de LIONEL BAILLIU avec Jérémie Renier, Marion Cotillard, Benoît Magimel Le sport n'est pas qu'un jeu, il peut aussi être un enjeu. Une façon de se colleter, au mépris de toute déontologie ou morale, à l'autre pour prouver qu'étant le meilleur on est en droit de garder son job.Notre compatriote, Jérémie Renier, incarne dans cette féroce comédie sociale un jeune cadre qui, pour faire face à l'arrivisme et au cynisme de ses pairs et de ses supérieurs, apprendra à se constituer, sur le tas, un kit de survie en entreprise. Sans avoir la profondeur de son rôle dans "Violence des échanges en milieu témpéré" de Jean-Marc Moutout, sa prestation est particulièrement convaincante dans le match de squash qui l'oppose à son patron. Impeccablement chorégraphié et bruité - la rage du bruit rendu par les balles lorsqu'elles atteignent le mur renvoie à la brutalité qui sous-tend les relations entre les joueurs - ce match aurait gagné à ne pas être systématisé dans d'autres séquences sportives qui, au fil du récit, en affadissent la portée dénonciatrice. L'on savait déjà depuis "Sauf le respect que je vous dois" de Fabienne Godet et "Mi piace lavorare" de Nicoletta Braschi que le monde du travail était en souffrance, avec "Fair Play" il apparaît comme dangereusement nocif. (m.c.a) Site officiel du film KOMMA de Martine Doyen avec Arno Hintjens, Valérie Lemaître et Edith Scob Peter De Wit (un Arno dont on déplorait l'absence des écrans depuis longtemps ) se réveille dans la chambre froide d'une morgue. Il dérobe l'identité d'un businessman sudéois et décide, sous le nom de Lars Erickson, de s'inventer une nouvelle vie. Il rencontre une jeune artiste, Lucie, dont la mémoire défaillante semble s'accorder à sa mythomanie. Ils partent en Bavière à la recherche d'un apaisement à leurs fêlures personnelles. Ce qui est magnifique dans ce film ce sont les réveils : celui, glacé et étonné, de Peter et celui, plus onirique de Lucie au pied du château de Neuschwanstein, celui-là même qui a servi de modèle à la demeure de la Belle au Bois Dormant. Ce qui est plus improbable c'est un ton qui ne tient pas, sur la longueur, ses promesses et qui, au fil des dialogues plus que des images, tend à se perdre dans une artificialité confuse. Entretien avec Martine Doyen |
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